Cushing du cheval : Comment détecter cette maladie et la guérir

En vieillissant, un cheval peut développer la maladie de cushing. Qu’est-ce que la maladie de Cushing ? Aujourd’hui, nous allons voir comment détecter la maladie de Cushing chez votre cheval. Vous découvrirez également comment guérir le syndrôme de cushing.

Dans cet article, vous allez découvrir :

  • Qu’est-ce que le syndrôme de Cushing chez le cheval ?
  • Quelles sont les causes et les traitements ?
  • Quels sont les symptômes de cette maladie ?

Le syndrome de Cushing est une maladie endocrinienne causée par un dérèglement hormonal chez le cheval vieillissant.

Qu’est-ce que la maladie de cushing ?

La maladie de Cushing est fréquente chez beaucoup de vieux chevaux. Les poneys et Morgan sont souvent considérés comme plus à risques, mais en réalité toutes les races de chevaux peuvent être atteintes. Les études vétérinaires montrent que plus de 20% des chevaux de plus de 15 ans sont touchés par ce syndrome.

Chez les chevaux, on parle de Cushing équin ou plutôt de DPIP, pour Dysfonctionnement de la Pars Intermedia de la glande Pituitaire, pour la différencier de la maladie de Cushing des chiens ou chez l’Homme.

Les causes

La cause du syndrome de Cushing est d’origine hormonale. L’origine est spontanée et l’évolution lente. Il est très commun chez les vieux chevaux que le nombre de neurones dopaminergiques diminue en vieillissant. Il s’agit d’une dégénérescence de l’hypothalamus. En réaction, petit à petit la production de dopamine baisse. Pour faire simple, la dopamine a une action sur l’hypophyse, une glande située aussi dans le cerveau. La diminution du taux de dopamine entraîne une augmentation de la production d’une autre hormone, l’ACTH, ou adrenocorticotropic hormone. L’ACTH étant un stimulant de la production d’hormones stéroïdiennes, le taux de ces dernières augmente également et elles influent sur l’organisme du cheval.

Les conséquences

Les conséquences de la maladie sont nombreuses, et peuvent nuire gravement au cheval. Dans certains cas, ce dérèglement peut même réduire l’espérance de vie du cheval.

La maladie se caractérise visuellement principalement par une pousse des poils du cheval, on parle alors d’hirsutisme ou d’hypertrichose. D’autres signes sont plus difficiles à détecter.

La maladie de Cushing peut même concerner de jeunes chevaux, mais c’est bien plus rare. La maladie n’est que très rarement détectée avant 10 ans, et la moyenne se situe entre 15 et 21 ans.

En phase terminale, l’espérance de vie du cheval est fortement réduite. L’ensemble des signes cliniques lui nuisent gravement.

Comment détecter la maladie de cushing cheval ?

Les symptômes

Le symptôme le plus marquant est effectivement l’hirsutisme, comme vu précédemment. Le pelage devient long et laineux. Le cheval peine à faire sa mue. L’origine est là encore hormonale.

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Les autres symptômes sont :

  • Retard de mue ou mue incomplète ;
  • Sudation importante ;
  • Baisse de forme ;
  • Fonte musculaire ;
  • Fourbure ;
  • Polyurie et polydipsie, le cheval urine et boit beaucoup ;
  • Retard de cicatrisation, moins d’immunité

Les cas les plus avancés ont également des troubles neurologiques. Principalement une ataxie, c’est-à-dire des mouvements incontrôlés, une baisse de la vision, des convulsions et de la narcolepsie.

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Le problème de cette maladie qui touche plus d’un cheval vieillissant sur quatre est que les signes cliniques peuvent être confondus avec des signes de vieillissement normaux. Par exemple, la tristesse, la baisse de forme, l’amaigrissement et la fonte musculaire sont très communs chez les vieux chevaux. Ils pourraient ne pas alerter leurs propriétaires sur la présence d’un syndrôme plus grave. D’où l’importance d’un suivi régulier et de dépistages en vieillissant.

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Le test de détection

Afin de pouvoir diagnostiquer la pathologie, le vétérinaire peut réaliser une analyse de sang. Le dépistage est réalisé en dosant le taux dans le sang de l’hormone ACTH, vue précédemment. Un taux supérieur aux normes pourrait orienter le vétérinaire sur cette maladie.

Cependant, le taux de l’ACTH peut grandement varier selon l’individu, son activité physique, ses pathologies ou ses douleurs. Le vétérinaire devra ainsi prendre en compte le contexte dans son diagnostic. La saison fait également varier le taux, c’est pourquoi l’automne est souvent préféré pour faire ce test.

Le taux normal d’ACTH chez le cheval est en dessous de 35 pg/ml. Entre 35 et 50 pg/ml on parle de taux douteux. Au-dessus de 50 pg/ml la valeur est haute. Au-dessus de 100 pg/ml la maladie de Cushing est quasiment avérée.

Un autre test de détection réalisé est encore plus précis. Il s’agit du test de stimulation à la TRH, à l’hormone thyréotrope. Ce test permet un diagnostic plus précis du DPIP. Si les symptômes ne sont pas évidents, ou le dosage de l’ACTH peu concluant, la stimulation à la TRH permet de comparer le dosage de l’ACTH avant et après injection.

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Quand consulter un vétérinaire ?

Certains signaux doivent nous inquiéter et déclencher un diagnostic. Beaucoup des signes cliniques présentés plus tôt peuvent être confondus avec une autre affection du cheval vieillissant. Dans le doute, passé 15 ans, il peut être bon de faire consulter votre cheval si vous constatez des symptômes de la maladie de Cushing. Par exemple, des anomalies dans le pelage comme de l’hirsutisme ou des retards de mue sont des signes assez évident à remarquer.

Dans tous les cas, un suivi régulier de votre cheval doit être fait. Cela permettra de pouvoir détecter précocement une pathologie et de pouvoir la prendre en charge avant que l’état de santé de votre cheval ne se dégrade.

Comment guérir le syndrôme de cushing ?

Traitement par médicament

Afin de réduire les symptômes de la maladie de Cushing, un traitement existe. Le médicament principalement prescrit par les vétérinaires est le Prascend. Il s’agit de pergolide, une molécule qui aura un effet proche de la dopamine, que le cheval synthétise moins bien que plus jeune. En remplaçant la dopamine, le pergolide vient réguler le taux d’ACTH, et ainsi réduire le déséquilibre hormonal. Le pergolide est un dérivé synthétique de l’ergot de seigle, et a une action dopaminergique.

La prise est quotidienne, et de façon orale. Comme évoqué plus haut, le médicament ne permet hélas pas de guérir la maladie mais juste de réduire les signes cliniques qui font souffrir le cheval.

L’efficacité et le dosage nécessaires varient selon le cheval, c’est pourquoi le vétérinaire prescrira une posologie adaptée à votre animal.

L’amélioration de l’état clinique du cheval est attendue sous 6 à 12 semaines.

Prix du traitement

Le Prascend a un coût non négligeable mais ce traitement est efficace pour soulager votre cheval. Les prix constatés sont en moyenne aux alentours de 2€ le comprimé. Avec prescription, les boîtes de 60 comprimés sont commercialisées entre 120€ et 160€ en général. Le médicament n’est délivré qu’avec une ordonnance de votre vétérinaire.

Traitement naturels

Pour compléter le médicament ou pour les chevaux qui ne tolèrent pas bien le traitement, il est aussi possible d’utiliser les traitements naturels.

Des compléments alimentaires spécialement étudiés pour l’alimentation des chevaux atteints par la maladie de Cushing sont par exemple conseillés.

S’il n’est pas possible de guérir le cheval, il est possible de réduire l’impact de la pathologie sur son organisme. Comme vue, la cause de la maladie est un déficit en dopamine. Ainsi, des plantes et aliments favorisant la sécrétion de dopamine peuvent être bénéfiques.

La spiruline et les graines de lin sont riches en tyrosine. La tyrosine est un acide aminé qui favorise la production de dopamine dans l’hypothalamus.

La vitamine E et la vitamine B6 ont une action bénéfique également sur la production de dopamine. On les trouve respectivement dans l’huile de lin et les levures de bière.

Avec un avis vétérinaire toujours, il est possible également d’apporter des plantes connues pour avoir une action de régulation hormonale.

Le Gattilier et ses baies est une plante utile pour réguler les hormones. Ces baies ont une action dopaminergique, c’est-à-dire qu’elles reproduisent l’action de la dopamine et limitent ainsi la synthèse d’ACTH.

Une plante qui peut avoir une action favorable également est le fenouil. Sans remplacer la dopamine directement, sa consommation augmente le taux de prolactine. Le taux de prolactine étant régulé par la dopamine, une augmentation sera détectée par l’organisme, qui augmentera sa sécrétion de dopamine en réaction. Le manque de dopamine est ainsi réduit.

Prix du traitement

Ces plantes, aliments et remèdes naturels se trouvent aisément en boutique spécialisée.

Cape Capsular – Akhal

Comment nourrir un cheval atteint par la maladie de Cushing ?

Selon le niveau de gravité et l’avancée de la maladie, l’alimentation du cheval va varier.

Dans le cas d’une pathologie peu développée, avec peu de symptômes, notamment peu ou pas de fourbure, les aliments seront proches de l’alimentation habituelle. Un fourrage de bonne qualité et en quantité suffisante pourra convenir au cheval. Attention cependant au taux de sucre de ce dernier et des compléments. Trop de sucres ne peut être que mauvais pour le cheval, en augmentant l’indice glycémique de son alimentation.

Si la maladie de Cushing est déjà bien installée, l’alimentation sera adaptée. Un cheval affaibli, amaigris, qui présente une fonte musculaire importante aura besoin d’aliments plus riches en protéines et en fibres et de compléments. Les sucres, y compris les amidons contenus dans les céréales, doivent être réduits au minimum. Il faut favoriser les sucres lents. Votre vétérinaire saura vous conseiller sur l’alimentation la plus adaptée à votre cheval en prenant en compte sa pathologie.

Détecter et soigner le cushing du cheval à temps

Vous savez maintenant tout à propos de la maladie de cushing chez le cheval.
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